Le courrier des auditeurs du 21.03.2025
Valentina répond à vos questions et messages.

Valentina Beleavski, 21.03.2025, 09:53
Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? En Roumanie les arbres ont fleuri et le printemps tente de s’installer timidement. Heureusement que le soleil brille et nous remet les sourire sur le visage. Le 20 mars marque l’arrivée officielle d’une nouvelle saison, avec l’équinoxe de printemps, mais vous savez très bien que les célébrations ont commencé bien avant cette date en Roumanie. Nous avons démarré en force le 24 février par la Dragobete, la fête roumaine des amoureux, une célébration de la nature, la première qui signale départ de l’hiver. Puis, le 1er mars, nous avons fêté le printemps en offrant les amulettes porte-bonheur appelées « martisor » dont le fil tressé rouge et blanc symbolise justement l’hiver et le printemps qui s’entremêlent durant cette période de l’année. Le 8 mars, les femmes sont de nouveau à l’honneur en Roumanie car cette journée leur est consacrée. Et le 20 mars, c’est sur la francophonie que nous mettons les projecteurs, car le français occupe toujours une place importante dans notre pays. Bref, le mois de mars est plutôt spécial, car il est rempli de célébrations. Et maintenant donnons la parole aux amis de RRI !
Amady Faye, Sénégal
Justement à propos du 8 mars, notre cher ami Amady Faye du Sénégal n’oublie jamais de nous faire part de ses vœux. Il écrit :
« Depuis des années, c’est devenu pour moi une habitude. Cette année encore, je ne déroge pas à la règle ! A l’occasion de la journée internationale de la femme, je voudrais souhaiter une excellente fête à : Ioana Stancescu, Valentina Beleavski, Andra Juganaru et Charlotte Fromenteaud. Je fais un clin d’oeil à vos collègues du service roumain: Anna Maria Cononovici, Roxana Vasile, Corina Cristea, Corina Sabau pour ne citer que celles-là. En cette journée de fête, mes pensées vont vers les anciennes du service français: Ligia Mihaiescu, Magdalena Militaru, Ioana Lutic, Mariana Tudose, Alexandra Pop, Ileana Taroi, et Elena Diaconu. Bien cordialement et bien à vous chères dames. Pour la Journée internationale du 8 mars, j’offre à toutes les femmes de la rédaction ma chanson coup de coeur « Multumesc Iubita Mama » de la diva Mirabela Dauer ».
Merci de tout cœur, cher ami. Toutes les dames, qui font et qui ont fait partie de notre équipe vous remercient. C’est très touchant de voir que les gens se rappellent de nous général et de nous toutes en particulier. C’est très gentil et cela renforce cette idée que journalistes et auditeurs, nous formons une véritable famille, assez unie, malgré les distances qui nous séparent. En une famille francophone en plus ! Merci encore une fois !
A propos d’anciens collègues, c’est toujours Amady Faye qui constate que c’est la voix d’Andrei Popov que l’on peut entendre sur les annonces de RRI. Il nous demande alors : « Est-ce un retour d’Andrei à la radio ou tout simplement un enregistrement de sa voix ? » Malheureusement non, Andrei n’est pas de retour dans notre rédaction. Il est actuellement le directeur adjoint et attaché de presse du Forum Culturel Autrichien de Bucarest. Il a répondu affirmativement à notre proposition et a prêté sa voix aux habillages sonores de RRI en français. J’avoue que je suis assez nostalgique de l’époque où Andrei était membre de notre rédaction et qu’à chaque fois que j’entends sa voix sur les enregistrements j’ai l’impression qu’il se trouve dans le studio, avec moi.
Daniel Klots, France
A la fin de son message Amady Faye s’intéresse aux cartes QSL. Il en va de même pour Daniel Klotz de France. Chers amis, malheureusement RRI ne dispose pas en ce moment de ressources financières pour se procurer des cartes QSL. Nous avons souffert de sérieuses coupes budgétaires et cette année c’est encore pire puisque l’ensemble des institutions publiques roumaines sont concernées par des réductions importantes de fonds, étant donné le déficit énorme de la Roumanie que le gouvernement tente de réduire en diminuant les dépenses publiques. Donc pour l’instant, nous sommes ravis de citer vos rapports d’écoute dans le Courrier des auditeurs. Et nous espérons bien que des temps meilleurs viendront et que nous pourrons récompenser d’une manière ou d’une autre au moins une partie de ces rapports. Mais pour l’instant, je suis vraiment désolée, il n’y a pas de solution pour les QSL. Et ce n’est pas une question de frais d’affranchissement. Pour avoir des photos, il faut les racheter auprès de photographes professionnels et les faire imprimer sous forme de carte QSL. Et même si quelqu’un nous offre des photos à titre gratuit, le budget pour le faire imprimer n’a pas encore été alloué. En plus, étant donné que RRI fait partie de la radio publique roumaine, les procédures d’allocation des budgets et d’acquisition de produits sont fixes et compliquées. Voilà en bref pour la situation des QSL.
Christian Ghibaudo, France
Je passe maintenant à Christian Ghibaudo de France qui écrit : « J’écoute toujours avec grand plaisir vos émissions. Il est important d’avoir l’opinion de la société roumaine en ces moments difficiles pour la paix en Europe, plus particulièrement sur le flanc est de notre Union. En ce moment l’Europe semble être prise entre les griffes des “puissants” américain et russe. J’ai beaucoup apprécié la présentation de Timisoara par Alex. J’ai appris l’existence des Marchés de Pâques en Roumanie. Y-a-t-il des marchés de Pâques dans d’autres villes, comme par exemple à Bucarest ? Que trouve-t-on dans ces marchés ? Et à Bucarest où est-il ? »
Les marchés de Pâques
Cher ami, les marchés de Pâques sont très similaires à ceux de Noël. Seule exception : les produits spécifiques à la fête. Si en hiver les stands abondent en décorations de Noël et que les produits gastronomiques sont spécifiques à cette période de l’année, pour Pâques les décorations sont sous forme de lapins, poussins, fleurs et autres symboles du printemps. En même temps, la nourriture proposée est à base d’agneau, la viande phare de la fête de Pâques. Mais il y a aussi des produits qui ne manquent jamais, quelle que soit la saison : la zakuska, les confitures, les saucisses, les brioches-cozonac. En fait, chaque fête – que ce soit Noël, le martisor, la Pâque orthodoxe, la Pentecôte ou autre occasion – la formule est presque la même et ces marchés ne manquent jamais. Tout le monde les attend avec impatience ; la population pour acheter des produits traditionnels et les producteurs pour en vendre. A Bucarest, c’est le Musée du Paysan Roumain qui organise à chaque occasion des marchés traditionnels, mais on en trouve aussi dans certains parcs ou à des espaces traditionnellement aménagées pour ces foires.
Et M Ghibaudo poursuit : « Dans quelques semaines, les élections présidentielles devraient avoir lieu en Roumanie. Même si le président roumain n’a pas autant de pouvoir que le président français j’ai une question. Quel a été le président le plus populaire depuis le retour de la Démocratie en Roumanie. A la fin de leur mandat, malgré l’usure du pouvoir, les présidents sont-ils encore populaires ? »
Le président le plus populaire
Bonne question, cher ami. Les présidents de la Roumanie post-communiste ne sont pas trop nombreux : Ion Iliescu a eu deux mandats, entre les deux il y a eu Emil Constantinescu, puis dans les années 2000, Traian Basescu a bénéficié de deux mandats consécutifs. Il a été suivi par Klaus Iohannis qui a passé lui aussi une décennie entière à la tête du pays. A en croire les sondages d’opinion d’il y a quelques années, donc pas trop récents, les Roumains ont nommé Traian Basescu comme étant le meilleur président de la Roumanie. Toutefois les avis sont partagés, car dans le cadre du même sondage, le taux des Roumains qui estiment que Traian Basescu a été un mauvais et très mauvais président est similaire à celui des voix favorables, à savoir : 35 % de voix pour et 31 % de voix contre. A préciser que je cite un article de la DW en langue roumaine paru en mars 2024, donc il y a une année. Dans ce classement des préférences des Roumains, Traian Basescu est suivi par Emil Constantinescu. Alors qu’Ion Iliescu reste en queue de peloton. En fait, il est difficile de dire qui a été le président le plus populaire. Chacun d’entre eux a entamé son mandat avec de grandes attentes et de grands espoirs de la part de la population, puisque c’est déjà connu, les Roumains votent plutôt contre le système ancien que pour un certain candidat. Et malgré l’enthousiasme général du début, chacun de ces présidents a terminé son mandat sur une grande déception pour son électorat. Certains ont blâmé Traian Basescu pour toutes les mesures qui ont eu des conséquences négatives sur leur vie quotidienne, notamment durant la crise financière mondiale. Cette année, Klaus Iohannis a dû quitter son poste, devenant le premier président de l’histoire de la Roumanie qui a démissionné, laissant derrière une énorme déception pour ne pas avoir fait de choses concrètes pour la Roumanie. Puis, malgré ses deux mandats, Ion Iliescu reste à ce jour le représentant de l’ancien régime communiste, un apparatchik du deuxième rang. Aux yeux des Roumains, Emil Constantinescu n’a pas réussi à installer le nouveau souffle dont ils avaient besoin à la fin des années ’90 même si ce fut durant son mandat que la Roumanie s’est dirigée envers l’Europe et l’OTAN. Donc, les avis sont tellement partagés qu’il est difficile de dire qui est le président le plus populaire. On pourrait conclure que Traian Basescu a été le chef d’Etat roumain le plus actif, tant au niveau des décisions qu’au niveau de la population, ses bains de foule étant bien connus. Ce fut durant ses mandats que se sont développés le Conseil national d’étude des archives de la Securitate et la Direction nationale anticorruption. Une chose est sûre, les Roumains veulent avoir un nouveau souffle dans la vie politique et quotidienne, un président qui puisse les protéger et leur venir en aide. Et on oublie parfois que même s’il est élu directement par le peuple, le président roumain dispose en réalité de peu de pouvoir. Ce qui est sûr c’est que comme d’habitude, les Roumains veulent rompre avec le passé. Dans ce désespoir général, ils oublient pourtant que l’on ne peut pas mettre n’importe qui à la tête du pays et d’autant moins à une époque tellement tendue que celle que nous vivons aujourd’hui. Les élections approchent. Ce sera intéressant.