« Gros et beau » – mais sain?
En roumain, l'expression « gros et beau » est utilisée pour induire une idée positive liée aux kilos superflus. En invoquant cette expression, certains grands-parents ou parents donnent à leurs enfants plus de nourriture que nécessaire et parfois de qualité douteuse, préparant ainsi le terrain à l'apparition de l'obésité, qui s'accompagnera plus tard de divers troubles métaboliques.

Roxana Vasile, 02.04.2025, 12:58
En Roumanie, aujourd’hui, trop d’enfants et de jeunes sont en surpoids ou obèses. Par groupe d’âge scolaire, les statistiques montrent que dans le groupe des 7-9 ans, 32 % des garçons et 28 % des filles ont des problèmes de poids. Dans la tranche d’âge 11-15 ans, 22% des garçons et 14% des filles sont également en surpoids.
Les experts parlent d’une épidémie d’obésité, comme l’a déclaré à Radio Romania la Dr Sandra Alexiu, présidente de l’association des médecins de famille de Bucarest-Ilfov :
C’est une tendance internationale qui est due à plusieurs facteurs. En premier lieu, il faut rappeler que l’un des facteurs les plus importants est celui des habitudes à la maison. N’oublions pas que les familles mangent généralement à table et que les recettes et les habitudes se transmettent de génération en génération. Ainsi, celui qui a appris à manger et à cuisiner d’une certaine manière, transmettra ces habitudes à ses propres enfants. Par ailleurs, il ne faut certes pas négliger la composante génétique, mais le fait que les mauvaises habitudes s’acquièrent dès l’enfance relève aussi de questions culturelles.
L’inconscient des parents en question
Pourquoi y a-t-il toujours du jus de fruit dans la maison ? Pourquoi papa et maman achètent-ils des bonbons tous les jours ? Pourquoi leur armoire est-elle pleine de friandises ? Pourquoi donnent-ils à leurs enfants des galettes, des bagels ou les gavent-ils de fast-food ? Ils n’ont pas le temps de faire une omelette, mais leur donnent des céréales avec du lait ou du pain avec de la confiture dès le matin ? Les parents ont-ils une idée de la nourriture que leurs enfants ont dans leur sac à dos ? Savent-ils ce qu’ils achètent au kiosque près de l’école ? Pourquoi les grands-parents, lorsqu’ils viennent en visite, apportent-ils surtout des bonbons à leurs petits enfants ? Si certains enfants sont obèses, c’est surtout la faute des adultes, car les jeunes enfants sont le reflet de l’éducation qu’ils reçoivent, affirment les experts. Cependant, avec le temps, l’ignorance ou l’indifférence des adultes peut se transformer en maladie pour leurs enfants, ainsi que l’explique le Dr Sandra Alexiu :
Tout le monde sait qu’il existe un lien entre l’obésité et le risque cardiovasculaire. C’est déjà prouvé ! Bien sûr, ces enfants commenceront à avoir des problèmes de circulation très tôt, ils auront des problèmes de douleurs osseuses, et l’impact le plus important est probablement sur le système cardiovasculaire. Il faut s’attendre à ce que les générations actuelles, où l’obésité est très répandue, connaissent des difficultés cardiovasculaires beaucoup plus précoces. Je fais ici référence à l’infarctus du myocarde, qui est probablement l’événement le plus connu et le plus grave qui puisse survenir chez un patient survivant. L’âge a déjà beaucoup baissé, il y a beaucoup d’infarctus chez les jeunes, il y en aura de plus en plus chez les enfants, précisément à cause de cette fragilité générée par l’obésité.
Prendre de bonnes habitudes
Que doivent donc faire les adultes ? Par exemple, réduire la consommation de pain, de pommes de terre, de riz et de céréales des enfants. N’achetez plus de jus de fruits ou de smoothies aux fruits. Éliminez toutes les sources de sucre de la maison et reprenez l’habitude prise il y a plus de 30-40 ans d’aller à la confiserie une seule fois par semaine, le samedi ou le dimanche. Enfin et surtout, offrez-leur des plats cuisinés à la maison. Mais ces habitudes alimentaires ne doivent pas être perçues par les enfants comme une punition, explique Sandra Alexiu, présidente de l’Association des médecins de famille de Bucarest-Ilfov
Les parents commettent une erreur, tout d’abord parce qu’ils ne tiennent pas compte du fait qu’un enfant en pleine croissance a besoin d’une alimentation saine, non seulement pour grandir correctement et harmonieusement, mais aussi pour apprendre comment manger correctement à l’avenir. Il est très difficile de mettre un enfant au régime. Très, très difficile. Un adulte s’en sort mieux lorsqu’il doit suivre un régime restrictif. Un enfant à qui l’on dit qu’il ne peut pas manger ceci ou cela, des aliments qu’il aime, alors que le reste de la famille continue à se nourrir n’importe comment, c’est très difficile à suivre. Les enfants doivent faire plus de sport, prendre l’air davantage, bouger un peu plus, être autorisés à courir un peu plus, même s’ils se blessent et se salissent. C’est beaucoup plus sain, plutôt que d’avoir toutes sortes de restrictions et de régimes, qui font qu’ils regardent les autres avec méfiance ou finissent par prendre ailleurs, par s’approvisionner ailleurs ou par prendre aux autres.
Les spécialistes affirment également qu’il ne faut pas gaver l’enfant – il sait quand il a assez mangé. Il doit pouvoir manger à son rythme et ne pas être pressé de finir ce qu’il a dans son assiette. Avoir une alimentation équilibrée ne signifie pas manger des céréales, de la viande, du poisson, des œufs, des produits laitiers, des légumes, des fruits etc à chaque repas…. mais un peu de tout, tout au long de la journée. Il y a aussi des besoins différents selon les âges. Les parents sont également invités à se rappeler de la force de l’exemple – il est inutile d’essayer de forcer votre enfant à manger des légumes si vous-mêmes n’y touchez pas. Pour finir, on peut conseiller de suivre les conseils des médecins.