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Axiopolis

Sur la rive droite du Danube, à proximité de la ville actuelle de Cernavodă, l’on peut voir les ruines d’une agglomération humaine que les textes antiques mentionnent sous le nom d’Axiopolis. L’existence de ce centre urbain s’étend sur plusieurs centaines d’années, depuis l’époque hellénistique, entre les IVème et Ier siècle avant J. Ch., jusqu’à environ le VIème siècle de notre ère.

Il Limes Romano
Il Limes Romano

, 29.09.2024, 10:32

La Dobroudja est considérée comme la plus dense et la plus variée des provinces de la Roumanie du point de vue des civilisations qui l’ont habitée. La superficie de 15.570 km carrés de la Dobroudja roumaine est riche de nombreux sites archéologiques et les artéfacts découverts sont des preuves d’une superposition de cultures. A travers les époques, la Dobroudja a fait partie de l’espace de la mer Noire et de l’espace du monde gréco-romain, dont Axiopolis a été l’un des centres les plus importants.

Sur la rive droite du Danube, à proximité de la ville actuelle de Cernavodă, l’on peut voir les ruines d’une agglomération humaine que les textes antiques mentionnent sous le nom d’Axiopolis. L’existence de ce centre urbain s’étend sur plusieurs centaines d’années, depuis l’époque hellénistique, entre les IVème et Ier siècle avant J. Ch., jusqu’à environ le VIème siècle de notre ère. Son nom est composé de l’ancien mot indoeuropéen « axsaena », désignant la couleur « noir » ou une couleur « foncée », et le mot grec « polis », qui signifie « ville ». Le nom de la ville de Cernavodă  « Apa neagră/De l’eau noire » est la traduction du toponyme, faite par les tribus slaves à leur arrivée en Dobroudja à la fin du VI siècle après J. Ch.

 

Manque de recherche et de fouille

 

Avant le début des années 2000, les recherches ont été rares sur le site d’Axiopolis et la documentation historique était inconsistante. L’archéologue Ioan Carol Opriș, qui enseigne à l’Université Bucarest et qui a réalisé les plus récentes fouilles à Axiopolis, nous a donné davantage de détails concernant le site.

« Le site se trouve en haut d’une colline, dans les environs de l’îlot Hinogului, un îlot qui s’est agrandi au fur et à mesure que le bras du Danube a diminué. En 1900, avec ses 300 mètres de largeur, le bras était encore navigable, comme il l’était à l’antiquité. Il se trouve à environ trois kilomètres du pylône du pont Carol I, après avoir surmonté un récif du Crétacique, un grand massif de calcaire. C’est là que se trouvaient à un moment donné les carrières où se fournissaient en pierre les ouvriers bâtisseurs de la forteresse romaines et ensuite ceux qui ont érigé la forteresse byzantine d’Axiopolis. »

 

Un intérêt croissant pour le site dans l’entre-deux-guerres

 

C’est l’archéologue Pamfil Polonic qui a réalisé les premières fouilles sur place entre 1898-1899. Il a pris des photos du site, il a tout mesuré et dessiné avec beaucoup de rigueur, tout en étant un très bon topographe. Les fouilles sont arrêtées après 1900, pourtant des fouilles illégales sont mentionnées en 1907 et 1912 dans les revues de numismatique de l’époque. Juste avant le déclenchement de la première guerre mondiale, le site passe sous la juridiction de l’armée qui y construit une caserne. A l’entre-deux-guerres, Axiopolis fait l’objet de fouilles menées par Vasile Pârvan, l’un des archéologues roumains les plus connus. Selon lui, le centre avait été fondé au IVème siècle av. J. Ch. par le roi Lysimachos de la Macédoine hellénistique, général et héritier d’Alexandre le Grand. Axiopolis s’est de nouveau attiré l’attention des archéologues roumains après la deuxième guerre mondiale. En 1947, l’archéologue Ion Barnea découvrait une inscription qui mentionnait le martyr de chrétiens en Dobroudja. En 2007, une nouvelle découverte replaçait Axiopolis sur la carte des sites archéologiques, à Baltchik, l’antique Dionysopolis, des travaux de construction d’un hôtel ayant mis au jour une nouvelle inscription. Celle-ci fait état de la présence d’un leader militaire appelé Mokaporis, roi des Odryses, au passage du Ier siècle av. J. Ch. au Ier siècle après J. Ch. Ioan Carol Opriș explique

 

« Nous savons beaucoup plus sur Axiopolis, qui a dû sans aucun doute être un emporion (hub de marchandises) à l’époque hellénistique et qui a su profiter de son exceptionnelle position géographique sur les rives du Danube. Il avait également une sortie sur la vallée de Carasu, semée de lacs. Ou peut-être qu’à l’antiquité il y avait une communication directe, à hauteur de l’actuelle ville de Medgidia, jusqu’à l’endroit où la rivière antique d’Axios se jetait dans le Danube. »

 

Trois forteresses découvertes au lieu d’une

 

La zone qui a cependant éveillé le plus grand intérêt parmi les archéologues a été celle de la forteresse d’Axiopolis. En réalité, il s’agit de trois forteresses, dont la plus ancienne avait été construite à l’époque romaine, ajoute Ioan Carol Opriș.

 

« Ce qui est important sur ce site c’est la zone centrale, celle de la vieille forteresse A, selon la classification des forteresses. Il y a donc celle-là, avec un ajout réalisé également à l’époque romaine tardive ou romano-byzantine, et une forteresse derrière la A, vers la zone haute qui est celle de la forteresse médio-byzantine. »

 

Les fouilles ont montré qu’Axiopolis avait été un centre important dans le bassin du Bas Danube au cours de la première moitié du premier millénaire chrétien. La présence de la poterie de type Rhodos indique la présence de relations commerciales avec le voisinage. A l’époque romaine, la période de son développement maximal, Axiopolis est le centre important d’un collège des navigateurs danubiens, les « nautae universi Danuvii ». La ville accueillait aussi la II-ème légion Herculia et puis, au IVème siècle, Axiopolis est élevée au rang d’évêché. (Trad. Ileana Ţăroi)

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